Béziers - Obsèques du colonel Jean-Baptiste Durand sur la place du 14 juillet.

Béziers - Obsèques du colonel Jean-Baptiste Durand sur la place du 14 juillet.

Béziers - Obsèques du colonel Jean-Baptiste Durand sur la place du 14 juillet.

Par ville de Béziers, le 05 Mai 2022

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Obsèques du colonel Jean-Baptiste Durand sur la place du 14 juillet.

Discours de Robert Ménard, maire de Béziers, lu par Emmanuelle Ménard, député de l'Hérault : Discours Colonel Durand, Robert Ménard, maire de Béziers, étant malheureusement absent, je vous lis le message qu’il souhaitait vous adresser ce jour.

 


Mes très chers amis,

Tout d’abord je voudrais dire mes pensées amicales, émues, à la famille et aux proches du colonel Durand.

Le dernier témoin est mort. Le dernier témoin nous a quittés, nous laissant désormais seuls avec l’Histoire, forcément plus froide, plus distante désormais. Parce qu’il n’y aura plus ses mots chaleureux, ses expressions pleines de sens, son vécu.

Oui, le colonel Durand, acteur majeur de la Résistance en Biterrois, en Languedoc, était l’ultime survivant de la tragédie de Fontjun !

Je n’oublierai jamais celui qu’on appelait « Roch » dans la Résistance. Je n’oublierai jamais que, chaque 7 juin, il présidait et prenait la parole lors de la cérémonie de Fontjun.

Jean-Baptiste Durand était une sentinelle. Une sentinelle contre ceux qui manipulent, qui arrangent, qui détournent la vérité historique. Une sentinelle contre l’oubli.

La guerre vécue par le colonel Durand était une aventure. Car il vivait alors la Résistance de l'intérieur. Chaque jour, chaque heure, sous la menace d’une capture et d’une mort terrible. Chaque jour ou presque, le transport de documents, la périlleuse mais nécessaire construction des réseaux, la distribution de tracts, la réception de parachutages dans la nuit, le sabotage contre l’occupant nazi. Et le sauvetage de Juifs.

La volonté féroce, la volonté sublime du colonel est peut-être née dans les cales du Sidi Brahim, un vieux rafiot qui l'a emmené en octobre 1940 à Oran.

Dans la biographie qui lui a été récemment consacrée, il se souvenait encore de la tempête qui secouait les entrailles du navire, de ses compagnons d'infortune qui « vomissaient leurs tripes » à ses côtés. Arrivé en Afrique du Nord, il a vu de ses yeux le spectacle désolant du désastre de Mers-El-Kébir, de ces vaisseaux français éventrés par les tirs britanniques l'été précédent, l'été en enfer. La France ne pesait presque plus rien. La France semblait s’être évaporée. Et pourtant !

Et pourtant, au printemps 1942, en mairie de Poilhes, pour sa première réunion secrète, Roch était là. Debout, fier. Sûr de la tâche à accomplir pour libérer la patrie. Sa patrie. Les mois qui suivirent furent épiques. De Montady à Capestang, de Béziers à Bédarieux, tant de missions, tant de rencontres. Ne pas être repéré. Camoufler les bicyclettes sous les ceps de vigne, les rendez-vous sur un prie-Dieu à la Madeleine ou aux Pénitents bleus. Jusqu’à la tragédie de Fontjun, tragédie qui a marqué notre mémoire.

Au moment où ce mot sera lu, sachez que je me trouve en Ukraine. Je suis aux côtés du maire de Tchortkiv, ville nouvellement jumelée à Béziers. Je suis aux côtés du peuple ukrainien qui vit des heures sombres. Un nouveau camion rempli de l’aide des Biterrois est sur le point d’arriver. Je vous écris cela avec émotion.

Parce que je pense aux valeurs que défendait le colonel. Pour lesquelles il a risqué sa vie. Liberté. Démocratie. Des valeurs qu’on croit, à tort, partagées par tous, mais en réalité, toujours menacées par les tyrans, nazis autrefois, islamistes ou agresseurs de l’Ukraine aujourd’hui.

Le combat qu’a mené Roch est sans fin. Nous tenterons de le poursuivre en gardant son exemple en mémoire ! Fièrement.

Vive la Résistance ! Vive la France !

 

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