Hérault - Comment parler aux enfants de la guerre en Ukraine

Hérault - Comment parler aux enfants de la guerre en Ukraine

Hérault - Comment parler aux enfants de la guerre en Ukraine

Par Nicole Racine, University of Calgary; Camille Mori, University of Calgary et Sheri Madigan, University of Calgary, le 20 Mars 2022

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Comment parler aux enfants de la guerre en Ukraine

Nicole Racine, University of Calgary; Camille Mori, University of Calgary et Sheri Madigan, University of Calgary

Les premiers mois de 2022 ont déjà été marqués par des événements bouleversants à l’échelle mondiale, de la pandémie de Covid-19 et des protestations contre les mesures sanitaires à l’invasion russe de l’Ukraine.

Faut-il en parler aux enfants, et comment ? C’est une question que se posent parents, grands-parents, enseignants et éducateurs. En tant que psychologues pour enfants, nous y avons aussi été confrontés.

À l’heure où le monde affronte ces crises et défis, il s’agit d’avoir des discussions ouvertes et honnêtes avec nos enfants pour leur permettre de devenir des citoyens du monde informés et réfléchis. Voici quelques pistes pour engager la conversation et vous adapter à l’âge et au degré de maturité de chacun.

Trois raisons d’aborder le sujet

Aider les enfants à gérer leurs émotions
On pourrait penser au premier abord qu’une discussion approfondie sur un événement stressant ne peut qu’accroître l’anxiété éprouvée. Or il été prouvé que le fait d’accompagner ce qui se passe par la parole va réduire la détresse ressentie. Pour apprivoiser les choses, il est toujours préférable de les nommer, dit-on. Et en effet, les enfants qui vivent dans des familles où la parole est plus libre se sentent moins touchés par les facteurs de stress. Ces échanges aident l’enfant à comprendre ce qu’il ressent et le rassurent.

Lutter contre la désinformation
À l’ère de l’actualité en continu, les enfants et adolescents ont probablement déjà vu défiler des images, vidéos ou autres informations sur l’invasion de l’Ukraine. On assiste malheureusement à une recrudescence d’informations peu fiables et d’opérations de désinformation délibérée sur les médias sociaux couramment utilisés par les jeunes, comme TikTok et Snapchat. Il est donc essentiel d’aider les enfants à repérer les sources dignes de confiance, et de leur donner la possibilité de s’interroger.

 

Encourager l’empathie
Parler de la guerre en Ukraine montre aux enfants qu’on peut éprouver de la compassion avec les autres, quelles que soient la distance et les circonstances. Prendre le temps nécessaire pour évoquer ensemble les événements du monde est l’occasion de prendre du recul par rapport à eux et de souligner l’importance de s’intéresser aux émotions et aux conditions de vie des autres.

S’adresser aux enfants de moins de 5 ans

Selon leur âge, les enfants vont avoir des niveaux de compréhension différents et des capacités plus ou moins fortes de traiter les informations qui leur parviennent. Avant 5 ans, leur perception du conflit en Ukraine sera très limitée. Si votre enfant vous interroge, il s’agit de lui donner des informations simples auxquelles il peut s’identifier, en évitant de fournir plus de détails que ce qui est demandé.

Pendant la guerre en Ukraine, comment parler du conflit aux enfants (Le Huffington Post, 2022).

Vous pouvez par exemple dire qu’« un pays se comporte mal avec un autre pays » et que « cela met les gens en colère ». Le fait d’avoir ce genre de conversation vous permet aussi d’adapter votre stratégie et de voir comment mieux aider votre jeune interlocuteur s’il se sent contrarié.

Quel que soit l’âge des enfants, il faut réguler leur exposition aux informations et aux médias, en particulier les images de violences. C’est particulièrement important pour les plus petits. Il faut aussi minimiser ce qu’ils entendent des conversations entre adultes.

Avec les enfants en âge d’aller à l’école

Tout d’abord, assurez-vous que vous êtes dans les bonnes dispositions, au calme, pour avoir cette discussion. Si vous vous sentez ému, fatigué ou angoissé, il est préférable de vous accorder un peu de temps avant d’aborder le sujet. Il est également préférable d’avoir cette discussion lorsque vous avez assez de temps devant vous, sans trop de risque d’être interrompu.

Commencez par demander à votre enfant ce qu’il a entendu ou pourrait savoir de la guerre en Ukraine. Ensuite, soyez à l’écoute de ce qu’il ressent et aidez-le à mettre en perspective ses émotions. S’il dit que l’atmosphère actuelle lui est pénible, répondez-lui par exemple : « C’est toujours effrayant de penser à la guerre ; la plupart des enfants et des adultes ont peur, comme toi ». Si votre enfant sait peu de choses ou ne semble pas perturbé par les informations qu’il a perçues, vous pouvez vous contenter d’une discussion brève.

Qu’ils soient ou non inquiets, vous pouvez partager avec les enfants des informations factuelles et accessibles. Par exemple, vous pouvez regarder ensemble une carte du monde et leur indiquer où se déroule le conflit. Vous pouvez leur donner quelques repères sur les événements et leur expliquer comment s’y prendre et quels sites consulter pour trouver des informations fiables.

 

Plus important encore, les enfants ont besoin d’être rassurés sur le fait que les adultes feront tout ce qu’ils peuvent pour les protéger. Si nécessaire, vous pouvez organiser des activités pour les aider à se changer les idées. Vous pouvez également vous impliquer dans des actions pour apporter un soutien à des voisins ukrainiens en difficulté.

En fin de compte, en ayant ces conversations, vous montrez à votre enfant que vous êtes ouvert à la discussion, même dans les moments difficiles, ce qui peut poser des bases importantes pour des échanges ultérieurs.

Nos enfants ne sont pas la première génération à grandir dans un contexte d’actualité bouleversant. Ce qui est nouveau, c’est la façon dont leur parviennent les nouvelles du monde. Il est important qu’ils soient correctement informés et rassurés par les adultes en qui ils ont confiance.The Conversation

Nicole Racine, Postdoctoral Research Fellow, Psychology, University of Calgary; Camille Mori, PhD student in Clinical Psychology, University of Calgary et Sheri Madigan, Associate Professor, Canada Research Chair in Determinants of Child Development, Owerko Centre at the Alberta Children’s Hospital Research Institute, University of Calgary

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Nicole Racine, University of Calgary; Camille Mori, University of Calgary et Sheri Madigan, University of Calgary (20-03-22)

 

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