Béziers - Le discours de Robert Menard pour la Journée nationale d'hommage aux morts pour la France en Indochine

Béziers - Le discours de Robert Menard pour la Journée nationale d'hommage aux morts pour la France en Indochine

Béziers - Le discours de Robert Menard pour la Journée nationale d'hommage aux morts pour la France en Indochine

Par ville de Béziers, le 08 Juin 2021

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Le discours de Robert Menard, maire de Béziers, pour la Journée nationale d'hommage aux morts pour la France en Indochine

"Madame, Monsieur,

Nous commémorons aujourd’hui les soldats oubliés d’une guerre oubliée. Des hommes d’un courage inouï, des hommes qui ont combattu loin de leur terre natale, dans la jungle, dans les rizières indochinoises, sous la menace d’un ennemi invisible mais omniprésent. Risquant la mort, ou pire encore, la capture. Avec ses camps de rééducation, ses rations faméliques, ses supplices de chair et d’esprit.

On peut légitimement se demander ce qu’allait faire la France en Indochine ? Difficile à comprendre en 2021, difficile d’imaginer aujourd’hui cette France immense qui avalait les océans comme on se « désoiffe » en sortant du désert !

Il faut donc revenir quelques dizaines d’années en arrière et se souvenir que l’Indochine était alors aux confins de ce qui était « la plus grande France ». Cette nation des lumières qui se voyait, qui se vivait plus vaste, plus puissante qu’elle ne l’était, qui se savait porteuse d’un message d’émancipation universelle. Une nation qui faisait rêver, qui inspirait les révolutionnaires, les poètes mais aussi les petites gens du monde entier.

C’était, oui, une France-monde, ambitieuse dans le jeu des puissants. Une France du verbe flamboyant, de l’égalité magique, de la liberté promise. C’est pourquoi il s’est trouvé des soldats pour croire au sens de ces combats, croire qu’on pourrait conserver notre influence dans l’Asie lointaine, croire que notre drapeau en valait la peine.

Sans tomber dans l’auto-flagellation et la repentance, absurdes, imbéciles, on peut admettre que, derrière les grands principes, notre pays n’a pas toujours été à la hauteur de ses rêves, de ses ambitions, incontestablement. Reste qu’une autre issue historique était, peut-être, possible. Dans la paix et pour la grandeur de la France. L’Histoire n’est jamais écrite à l’avance !

Malheureusement, il y eut, il faut le dire, l’indifférence de la population métropolitaine sortant des années noires, la lâcheté d’une classe politique trop occupée à ses petits arrangements. Il y eut aussi, ne l’oublions jamais, les agissements odieux de militants communistes qui sabotaient nos armes, qui huaient nos troupes de retour en France.

Près de 70 ans après la fin de cette aventure, il nous reste le modèle du soldat français. Héroïque alors qu’il se dresse face au vent de l’Histoire. Héroïque alors qu’il se bat à 10 000 kilomètres des siens dans la boue du Delta. Héroïque parce qu’il voit la défaite arriver, l’abandon des peuples amis, le drapeau sali. Mais toujours droit. Toujours fier. Toujours France.

Je veux ici, en votre nom, m’incliner devant ces soldats témoins de la grandeur de notre histoire, les honorer d’un salut fraternel, reconnaissant, leur dire notre empathie, notre reconnaissance, notre admiration. Les défendre aussi contre les gros bataillons de la médiocrité, eux qui incarnaient la loyauté et la constance. Des vertus du monde d’hier.

Vive nos soldats d’Indochine ! Vive ces hommes aux combats qui vous exhaussent au-dessus de vous-mêmes ! Vive l’amitié avec les peuples d’Asie ! Vive la France !"

 

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