Portiragnes - Libre expression - Quand nos morts ne trouvent pas repos...

Portiragnes - Libre expression - Quand nos morts ne trouvent pas repos...

Portiragnes - Libre expression - Quand nos morts ne trouvent pas repos...

Par Christiane MOURRAT, le 25 Mai 2021

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Rubrique Libre expression : Portiragnes - Quand nos morts ne trouvent pas repos…

Mon beau-frère est mort le 21 janvier dernier. Le faire enterrer à Portiragnes a relevé du chemin de croix. La municipalité nous a fait patauger une semaine durant dans l’aberration administrative, malgré douze coups de téléphone, plusieurs passages en mairie et sans pouvoir rencontrer les élu(e)s alors que nous devions effectuer un voyage de 400 kilomètres avec le défunt. Trois mois plus tard, toujours aucune réponse aux lettres envoyées depuis (avec accusé de réception) aux élu(e)s après sa mise en terre, aucun geste, aucune excuse.

Le déroulé des faits :

Vendredi 22 janvier :

Décès de mon beau-frère Thierry à Lyon. Il avait toujours manifesté le désir d’être enterré à Portiragnes.

Samedi 23 janvier :

Je suis à Lyon et j’appelle la mairie de Portiragnes pour savoir s’il est possible d’inhumer mon beau-frère selon le souhait de ma sœur Véronique, son épouse. La police municipale de Portiragnes me répond aimablement et me confirme qu’il est tout à fait possible de l’inhumer à Portiragnes, à condition de disposer d’une concession. J’appelle ensuite une société de pompes funèbres de Lyon pour mettre en place les funérailles, leur précisant que je souhaite acheter une concession dans le cimetière de Portiragnes, commune où je suis domicilée. La société de pompes funèbres de Lyon se met donc en rapport avec celle de Portiragnes. Cette dernière me rappelle ensuite pour m’informer qu’elle se rendra dès lundi en mairie pour réserver une concession et entamer les demandes d’autorisation d’inhumer.

Lundi 25 janvier :

Les pompes funèbres de Portiragnes m’appellent pour me dire que le 1er adjoint à la mairie de Portiragnes, les a informés qu’il n’y avait plus de place au cimetière (sic), les quelques places restantes étant réservées aux décès dus à la pandémie. La réponse est donc négative. Le cimetière va être agrandi et des places seront disponibles dans cinq ans. Cependant, comme ma famille est installée depuis plusieurs générations à Portiragnes, les pompes funèbres me questionnent sur une éventuelle concession à Portiragnes, les pompes funèbres me questionnent sur une éventuelle concession déjà souscrite pour un parent. Il s’avère alors qu’en effet, celle de mon père est toujours active. La société m’informe donc de lapossibilité d’enterrer mon beau-frère avec mon père. Un accord écrit est alors rédigé par ma mère, autorisant l’inhumation dans ladite concession. De retour en mairie, la société se heurte de façon incompréhensible à un nouveau refus d’inhumer. À la rigueur, mon beau-frère, selon la mairie, peut être placé provisoirement (pendant 1 an) dans le caveau communal (et après ?). Ce jour-là, nous essayons de contacter à nouveau le premier adjoint par téléphone. Il est en réunion. Il restera injoignable, malgré une dizaine d’appels. Notre sœur Isabelle, portiragnaise elle aussi, qui est sur place, se rend à son tour en mairie : elle écope de la même fin de non-recevoir.

Mardi 26 janvier :

La responsable des pompes funèbres m’appelle pour me dire qu’elle retourne en mairie pour demander une entrevue avec Mme le Maire avec en mains les textes de lois précisant qu’une personne a le droit de faire enterrer un membre de sa famille dans sa concession. L’élue maintient néanmoins le même discours que son adjoint alors même qu’ils ne peuvent légalement s’opposer à l’inhumation de mon beau-frère dans la concession dont ma mère est propriétaire.

Mercredi 27 janvier :

Le jour des funérailles, la personne des pompes funèbres m’appelle pour me dire qu’en désespoir de cause elle appelle la préfecture pour leur faire part du problème. Les funérailles ont lieu à Lyon à 14 h, avec un rapatriement du corps prévu dans la soirée. Mais, malheureusement, nous n’avons toujours pas l’autorisation d’enterrer mon beau-frère à Portiragnes. La cérémonie terminée, le corps placé dans le corbillard, nous attendons des nouvelles de la mairie et… ô miracle… la bonne nouvelle tombe, Thierry va pouvoir reposer en paix auprès de mon père, à Portiragnes.

Nous avons par la suite contacté la mairie pour trouver des explications à cette divagation décisionnelle, mais les courriers sont restés sans réponse. Nous avons posté des messages via les réseaux sociaux sans plus de retour. Nous avons également rencontré fortuitement Madame le Maire, qui a affirmé avoir lu les courriers, et qu’une réponse avait été faite par son 1er adjoint. Elle ne semblait pas se sentir concernée, n’a donné aucune explication, aucune excuse. Un mois après, nous attendons toujours cette prétendue réponse de la mairie. Triste exemple de la teneur des liens qui unissent élus et administrés.


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