Sète - Alain Campos, discret, tout en sensibilité et en pudeur

Sète - Alain Campos, discret, tout en sensibilité et en pudeur

Sète - Alain Campos, discret, tout en sensibilité et en pudeur

Par Ville de Sète, le 20 Janvier 2021

Alain Campos, discret, tout en sensibilité et en pudeur.

Alain Campos expose L’instant d’avant à la galerie Yves Faurie sur le quai Léopold Suquet. Prévue en avril dernier, puis reportée en plein cœur du second confinement, l’ouverture de l’exposition a finalement eu lieu en novembre dernier. Beaucoup de papier marouflé, des couleurs éteintes, bruns, terres de sienne, ocres… Des personnages un peu flous qui semblent sortir d’un conte ou d’un rêve. Mais quelque chose d’assez terrien. Quelques grandes toiles où enfle une vague… Et beaucoup d’arbres, comme des traits d’union entre le ciel et la terre. “Je n’imagine jamais un tableau avant de le faire. Je travaille le dessin en même temps que la peinture sur une base au brou de noix. Le support est important. Les matériaux ont une vie propre. Il faut se laisser amener. Le papier, par exemple, c’est vivant. Ça réagit différemment selon la façon dont on l’utilise” raconte Alain Campos.

Alain Campos est né à Casablanca, en 1955. Puis il s’est installé un peu partout à la suite d’un père fonctionnaire que les mutations successives obligeaient à changer fréquemment de région. “Je suis un autodidacte. J’ai commencé à peindre à l’âge de 17ans. Je venais de la campagne et je me suis retrouvé en banlieue parisienne. Je m’ennuyais. Pour un Noël, mes parents m’ont offert un chevalet et je me suis essayé à la peinture” explique-t-il. “En même temps, je me suis intéressé à des bouquins sur les peintres. Les surréalistes, Magritte, Picasso… Petit à petit, je suis allé vers les maîtres, et même vers les primitifs flamands. J’ai eu la chance de voir quelques unes de leurs œuvres à Florence, à la Galerie des Offices. Ce qui m’intéresse, c’est l’émotion. J’essaie de cultiver ce côté spontané, intuitif. Je pense que la peinture, on ne doit pas forcément l’expliquer. On doit la ressentir. Je n’ai pas fait d’école d’art. Je suis un amateur. J’ai fait plein de petits boulots pour vivre. Dans les années 80, j’ai même été pion. Là, j’avais un peu plus de temps. J’ai commencé à dessiner plus régulièrement”.

En 2006, il lâche tout et s’installe à Sète

Sa première expo, c’est à Poissy au début des années 80. Une expo collective. “Nous étions une dizaine et nous venions de créer le collectif Banlieue-Banlieue. L’idée, c’était de faire quelque chose qui parle aux jeunes, avec un concert de rock. Le marché de l’art est assez fermé. On a choisi d’intervenir dans la rue. Nous étions les premiers street artistes. Notre modèle c’était Ernest Pignon Ernest. On a fait ça en banlieue”. Peu de temps après, il reçoit un coup de téléphone. “C’était l’assistant de Marco Ferreri. J’ai cru à un gag. Mais c’était vrai. On nous a demandé de peindre les décors du film I love you. Marco nous a reçus. C’était énorme. On a commencé à travailler. Ça a duré 4 à 5 mois. Notre activité y a gagné une côte et une petite notoriété. Nous avons fait d’autres interventions de ce genre, en Italie, au Japon. A cette époque, on n’était plus que 4. On travaillait en couleur sur de grands formats. On a fait le rideau de scène de la fête de l’Huma. Dans la rue, faut que ça claque”.

En parallèle, Alain Campos commence à travailler avec des galeristes. Sa production personnelle est aux antipodes de Banlieue-Banlieue. En 2006, il lâche tout et s’installe à Sète. “Mon premier atelier était situé au parc aquatechnique. Et là, j’ai rencontré plein de gens intéressants, entre autres Philippe Saulle, l’actuel directeur des Beaux-arts, et Yves Faurie. Yves s’est rapproché de moi, m’a acheté quelques œuvres. Puis il m’a proposé une exposition dans sa galerie. C’était dans l’ordre des choses”. L’expérience BB s’est terminée en 89. Mais, en 2017, Alain Campos s’est vu proposer de participer à une expo rétrospective à Guyancourt. Deux ans après, un livre est publié chez H’artpon éditions sous le titre Banlieue-Banlieue, pionniers de l’art urbain, qui obtiendra en 2019 le Grand prix de l’Histoire de Paris. Un coup de pouce pour cet artiste discret et modeste : “C’est à partir de là que j’ai montré plus régulièrement mon travail”.

 

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