Sérignan - Le discours de Frédéric Lacas lors de la cérémonie du 11 novembre 2020

Sérignan - Le discours de Frédéric Lacas lors de la cérémonie du 11 novembre 2020

Sérignan - Le discours de Frédéric Lacas lors de la cérémonie du 11 novembre 2020

Par Ville de Sérignan, le 11 Novembre 2020

N'OUBLIONS JAMAIS

Ce matin, conformément au protocole sanitaire, seule une petite poignée d'élus a pu commémorer l'armistice du 11 novembre 1918. Le maire avait préparé un texte fort que nous publions ici car nous savons que nombreux sont les sérignanais qui souhaitaient s'associer à ce moment de recueillement.

Discours de Frédéric Lacas, cérémonie du 11 novembre 2020 :

"Il y a 102 ans, le 11 novembre 1918, à 5h15 du matin, en forêt de Compiègne, dans le wagon spécial du généralissime Foch, était signé l’armistice de la première guerre mondiale…

Encore aujourd’hui, le bilan de cette guerre nous apparait ahurissant ! Au lendemain de cet armistice on dénombre environ 9 millions de morts tombés durant les combats et plus de 8 millions d’invalides.

Cette longue guerre, que les optimistes avaient appelé la « Der des Der », fut une tragédie pour l’Europe, avec des répercussions sur la planète entière.

Proportionnellement, la France est le pays le plus touché, avec 1,4 millions de tués et de disparus, soit 10 % de la population active masculine.

Pour donner une idée aux plus jeunes de l’ampleur de cette catastrophe, sachez que ce dernier jour de guerre, ce 11 novembre 1918, 11 000 soldats des deux camps sont encore tués avant que ne cessent vraiment les hostilités.

Pour la mémoire collective, il n’est pas inutile de rappeler quelle barbarie a été ce conflit, avec, comme exemple de ce monstrueux gâchis, le bilan de la bataille de Verdun. Celle-ci fut l’une des batailles les plus longues et les plus dévastatrices de la Première Guerre mondiale mais aussi de l'histoire de la guerre.

Elle opposa les armées françaises et allemandes, près de Verdun, du 21 février 1916 au 19 décembre 1916. A la fin de cet épisode, on dénombra plus de 714 000 morts, disparus ou blessés, répartis à parts égales dans les deux camps et alors que les lignes des deux armées n’avaient pas bougées, soit une moyenne de 70 000 victimes par mois, pour chacun des dix mois de la bataille. Les femmes, au-delà du maintien de la cohésion de la cellule familiale élargie, jouèrent un rôle majeur tout au long de ces quatre interminables années. Dans une France essentiellement rurale, elles remplacèrent les hommes dans le dur travail de la terre. Elles furent appelées pour soutenir l'effort de guerre dans les usines d'armement.

Il n’est pas non plus inutile de se souvenir que la Première Guerre mondiale connut aussi la première entreprise d’extermination et de déportation planifiées par un État contre tout un peuple constituant une minorité. En effet, c’est durant cette guerre et sous prétexte de sédition, que le génocide arménien fut déclenché le 24 avril 1915 par ce qui devint plus tard la Turquie. Durant les années 1915 et 1916, au moins 800 000 Arméniens, peut-être 1 500 000, seront massacrés, mais également 275 000 chrétiens Assyriens et 360 000 Grecs pontiques, selon la même optique d'épuration ethnique.

Il est enfin tout aussi utile de se souvenir que 1918 fut l’année d’une terrible catastrophe mondiale. Une pandémie grippale, dite « grippe espagnole », s'est répandue de 1918 à 1919, faisant au moins 50 millions de morts selon l’Institut Pasteur, soit 2,5 à 5 % de la population mondiale.

De telles énumérations donnent le vertige et l’on se dit que, jamais, ces horreurs ne devront tomber dans l’oubli.

Et pourtant…

Au-delà de cette triste période pandémique, notre époque comporte des points de comparaison avec celle que j’évoque devant vous.

Fort heureusement nous ne subissons pas les bombardements et nous n’avons pas à vivre dans les tranchées.

Mais une guerre est en cours… La mort de Samuel Paty, les assassinats de Nice, les attaques à Paris et d’autres faits encore, sont les éléments d’une guerre en cours, une guerre de l’ignorance et l’intolérance contre les valeurs de la Démocratie !

Quelle ironie mordante que de constater les terribles conséquences de la Nature déchainée ou des maladies, qui peuvent ravager en des temps très brefs des populations entières, tout autour de la planète. Et quelle ironie de savoir que malgré ces risques terribles, des hommes choisissent la destruction et la haine plutôt que la fraternité et le dialogue, préférant la guerre ou le terrorisme plutôt que la paix et la construction.

C’est la raison profonde pour laquelle tous et toutes, enseignants, parents, collectivités, nous devons travailler à l’éducation des futurs citoyens. Nous devons faire de nos enfants des femmes et des hommes plus sages, pour une société meilleure, plus juste et plus sûre.

Les heures sombres que nous traversons actuellement sont aussi l’occasion pour nous de démontrer que le civisme, le courage, l’amour de son prochain et l’humanisme sont toujours des valeurs essentielles pour une société juste et apaisée.

Nous le savons tous, avec cette épidémie, c’est une période de crise économique, de troubles et d’avenir incertain que nous traversons, durablement à n’en pas douter. Cette situation risque immanquablement de réveiller la peur, qui elle-même engendre la haine.

Gardons-nous de ces peurs infondées et de la chasse aux boucs émissaires.

C’est bien le sens de cette commémoration : Conservons à l’esprit ces notions de sagesse, de solidarité et de valeurs républicaines qui sont les nôtres et transmettons-les à nos enfants !

Je vous souhaite, à vous-même et à ceux qui vous sont chers, de traverser cette crise sereinement et en pleine santé.

Vive la France, Vive la République, Vive Sérignan!"

Discours de Frédéric Lacas, cérémonie du 11 novembre 2020

 

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