Béziers - La police ne peut pas assurer la protection des anti corrida

Béziers - La police ne peut pas assurer la protection des anti corrida

Béziers - La police ne peut pas assurer la protection des anti corrida

Par Sophie Maffre-Baugé, présidente de l’association, le 27 Octobre 2020

Manif anti corrida : À Béziers, la police ne peut pas assurer la protection des anti corrida

À Béziers, toute manifestation anti corrida devant les arènes en marge des évènements tauromachiques est interdite.

Le Comité Biterrois Anti Corrida (COLBAC) dénonce des mesures arbitraires et disproportionnées qui visent à réduire l’impact des actions anti corrida en les repoussant loin des arènes. Le Tribunal administratif de Montpellier vient de rejeter une requête en référé liberté déposée par l’association et plaidée par Me Hélène Thouy, co fondatrice du Parti animaliste.

Le 24 octobre, les membres du Comité biterrois pour l’abolition de la corrida COLBAC n’ont pas été autorisés à manifester devant les arènes à l’occasion d’un spectacle des Journées taurines biterroises. La préfecture de l’Hérault a interdit l’organisation de leur manifestation pourtant silencieuse et limitée à vingt militants, en application d’un arrêté pris le 6 octobre 2020. L’association avait immédiatement dénoncé une entrave à la liberté d’expression et à la liberté de manifestation et avait déposé une requête en référé liberté auprès du tribunal administratif de Montpellier. À l’issue d’une audience qui s’est tenue ce vendredi 23 octobre, le juge a rejeté le référé liberté.

Manifestations interdites devant les arènes

Depuis que Robert Ménard est maire de Béziers, c’est-à-dire depuis 2014, toutes les manifestations anti corrida dans un périmètre de 500 mètres autour des arènes sont interdites, même celles qui sont silencieuses et qui consistent à tenir, immobiles, des pancartes en faveur de l’abolition de la corrida. « Par courriel du 5 octobre 2020, la ville de Béziers a sollicité la prise d’un arrêté règlementant les manifestations sur la voie publique aux abords des arènes de Béziers à l’occasion des 38ièmes journées taurines biterroise » écrit le préfet de l’Hérault, dans son mémoire en défense, soutenu à l’audience.

Des actions pour dénoncer la cruauté de la corrida

L’association Colbac a pour objectif de dénoncer la corrida et les violences qui en résultent pour les animaux qui en sont victimes. Elle organise à cet effet de nombreuses manifestations pacifiques et déclarées ayant pour objectif à la fois de dénoncer ces pratiques violentes et cruelles et d’informer le public à cet égard. « S’éloigner de l’endroit de passage du public, c’est rendre inutile et inefficace toute manifestation, l’objectif étant précisément de toucher le public » explique Sophie Maffre-Baugé, présidente de l’association.

Périmètre de 500 mètres autour des arènes : des mesures disproportionnées

Dans l’ordonnance rendue par le juge des référés suite au recours contre l’arrêté interdisant la manifestation, aucune réponse n'est apportée sur l'impossibilité pour la préfecture de prendre des mesures autre que l'interdiction, alors qu'elle est en mesure d'assurer la protection de plusieurs centaines de spectateurs qui assistent aux corridas. « À Béziers, les anti corrida font-ils si peur qu’on les éloigne à un demi kilomètre des arènes ? Le maire Robert Ménard n’est-il pas capable, dans sa ville, de contenir une poignée d’anti corrida, lui qui sousentendait lors d’une récente manifestation du Colbac devant l’Hôtel de ville, qu’ils étaient si peu nombreux que c’était insignifiant ? » ironisent les militants du Colbac.

Victimes des réactions violentes des aficionados parce qu’ils montrent les photos des taureaux ensanglantés

Dans son argumentation le préfet reconnaît que le trouble à l'ordre public serait généré non par les manifestants, mais par les aficionados : "La présence de militants du COLBAC à l'entrée des arènes avec des visuels pourrait être perçue comme une provocation et générer des troubles public ainsi que des confrontations pouvant dériver vers des atteintes physiques." Cela renvoie d’ailleurs à une déclaration du maire de la ville il y a 6 ans, dans une émission radio : « Je protège les anticorrida parce qu'ils vont se prendre une branlée, comme on dit chez moi, par les types qui vont sortir des arènes (…) qui vont leur casser la gueule » 1 ‣ Le préfet argumente encore : « Un face-à-face tendu a déjà eu lieu le 6 aout 2019 entre les membres de l’association requérante et des militants en faveur de la corrida devant l’hôtel de ville de Béziers » 2 Le Colbac rappelle que cette confrontation avait été organisée par l’association Esprit du Sud 34, qui défend ardemment la tauromachie, et qui avait appelé l’aficion à « résister » pour préserver les traditions tauromachiques. Le Colbac avait dénoncé cette contre-manifestation bruyante, non déclarée mais tolérée par la municipalité et la préfecture, et avait fait son possible auprès des services de police pour qu’elle n’ait pas lieu. Encadré par les forces de l’ordre, le face-à-face n’avait par ailleurs généré aucun incident. « C’est la preuve que la ville sait autoriser et contenir les confrontations pro/anti corrida lorsqu’elles sont à l’initiative du milieu taurin. Pourquoi interdire nos rassemblements devant les arènes ? Ce deux poids deux mesures est injuste ! » conclut la présidente du Colbac.

Les anti corrida biterrois trop conciliants ?

C’est, en creux, ce qui leur est reproché par le préfet qui écrit : « Les multiples arrêtés portant réglementation des manifestations sur la voie publiques aux abords des arènes (…) n’ont jusqu’à ce jour fait l’objet d’aucun contentieux. Dans le cas où ces arrêtés porteraient une atteinte grave aux libertés d’expression et de manifestation de l’association Colbac, des recours auraient été déjà déposés ». Ainsi dans son ordonnance, le juge a considéré que les précédentes manifestations du Colbac étaient hors périmètres et n'ont donné lieu à aucun recours pour estimer que sa liberté de manifester était respectée. « Il nous est reproché d’avoir été trop conciliants et d’avoir accepté jusqu’à présent des conditions de manifestations peu équitables. C’est un comble ! » s’insurge la présidente du Colbac.

Déterminés à exercer leur liberté de manifester devant les arènes

« Il est important de continuer à déposer des recours car à force on finira par amorcer des changements de jurisprudence » a commenté Me Hélène Thouy à la sortie du tribunal. De son côté, Sophie Maffre-Baugé affirme : « Nous avons de bonnes relations avec les services de police et la municipalité. Ils savent bien que les militants du Colbac ne sont pas des fauteurs de troubles. En réalité, le maire Robert Ménard protège la tauromachie dans notre ville et fait taire l’opposition à la corrida à l’endroit même où elle a le plus d’impact : devant les arènes. » Pourinformer le public, les militants du Colbac utiliseront toutes les voies juridiques possibles: « Nous voulons occuper ce terrain comme tous les autres pour que la question animale avance à Béziers et que cesse une pratique qui génère de grandes souffrances pour les animaux. »

 

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