Gignac - Quand un village se bat pour respirer…

Gignac - Quand un village se bat pour respirer…

Gignac - Quand un village se bat pour respirer…

Par association cadre de vie, le 24 Septembre 2020

À Gignac dans l’Hérault, la précédente municipalité a eu la bonne idée d’autoriser en 2005 l’implantation d’une entreprise de compostage qui mélange les boues de stations d’épuration avec des déchets végétaux pour en faire du compost. L’activité sur site commença en 2008…

Au début, la promesse était qu’il s’agirait d’une installation à "taille humaine «  apportant toutes le garanties en matière de nuisances » et que seuls les villages environnants seraient autorisés à apporter les boues de leur station d’épuration.

Par imprudence, le maire de l’époque ne trouva rien de mieux que de vendre le terrain à l’entreprise Compost Environnement (dont le siège se situe à La Tour sur Orb) pour un prix dérisoire assorti d’une location vente sur 5 ans...L’argument retenu était que la dite entreprise appliquerait à la mairie un prix préférentiel pour le traitement de ses boues ; ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui !

Dès 2010 la première pétition établie par les riverains se plaignant des odeurs de charogne et d’une prolifération de mouches, arriva sur le bureau du Maire. Ce dernier demanda à Compost Environnement de faire réaliser une étude de dispersion des odeurs.

Cette étude, réalisée  en 2012 par la société Egis Environnement (spécialiste en Ingénierie Environnementale) conclut : « que l’installation est conforme à la législation et qu’aucune émanation nauséabonde n’a été enregistrée ».

Pourtant, depuis quatre ans la situation s’est considérablement dégradée sur Gignac. En effet, l’entreprise Compost Environnement ne reçoit pas que les boues des villages environnants, mais de plusieurs villes moyennes et grandes de l’Hérault comme Béziers, Saint-Thibéry, Pézenas et bien d’autres… Pour des raisons évidentes de toujours plus de rentabilité (nous ne sommes pas loin de soupçonner  que le compost produit à Gignac va d’ailleurs recouvrir la décharge de Montimas qui pose aussi un énorme problème de pollution olfactive et de santé publique aux habitants).… car enfin, on est en droit de s’interroger sur la destination finale  de ces énormes quantités de compost « enrichi » de résidus chargés de métaux lourds, d’antibiotiques, de perturbateurs endocriniens etc…

Nous n’aborderons que très succinctement les contrôles réalisés sur place par la DREAL (Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) en 2015 et 2017 qui prêtent à rire tant on peut y lire des « copiés-collés » établis par les inspecteurs qui concluent chaque fois que tout est en ordre, que les odeurs décrites sur les plaintes n’existent pas et pourraient être issues de l’imagination des habitants.

Après les nombreuses plaintes expédiées à la préfecture de l’Hérault et notamment celle du mois de mai 2019 établie par notre association, un nouveau contrôle a été effectué par la DREAL en juillet 2019. Son inspecteur (qui n’a encore rien senti), a pris, sur notre insistance, la décision de rencontrer le responsable  de la déchèterie de Gignac située à moins de 200 mètres et dont les salariés subissant régulièrement cette puanteur insupportable, ont noté depuis un an et demi sur des feuilles hebdomadaires chaque épisode nauséabond. Ainsi l’inspecteur de la DREAL a demandé à Compost Environnement de donner des explications sur ces émissions olfactives ressenties à la déchèterie et de remédier à ces dysfonctionnements…

La DREAL a demandé aussi à l’exploitant du centre de Compostage  de réactualiser l’étude olfactive en septembre 2019 par Egis Environnement et là: PATATRAS! Les conclusions de l’étude montrent que tous les voyants sont dans le rouge. En effet, les mesures olfactives sont largement au dessus des paramètres admis autour de l’entreprise et sur un axe de 1000 mètres.

Ainsi les habitants de Gignac ne racontaient pas de sottises et pour la première fois depuis 10 ans les services de l’état admettent enfin que cette pollution est bien réelle et insupportable.

En août 2019, notre association récupère plus de 220 attestations judiciaires remplies et signées officiellement par les victimes. Nous remettons ces attestations au Maire qui les transmet aussitôt au préfet.

Le 3 mars 2020 le préfet prend enfin un arrêté de mise en demeure pour contraindre l’entreprise à se mettre en conformité, en effectuant des travaux dans les six mois, puis de faire réaliser une nouvelle étude olfactive pour constater si les mesures prises sont efficaces.

Hélas, trois fois hélas, les effluves pestilentielles  continuent encore aujourd’hui  à empoisonner la vie des habitants par vent de sud (environ 800 foyers touchés), impossibilité de déjeuner sur la terrasse, d’organiser un apéritif, d’ouvrir les fenêtres le jour et la nuit, pour faire rentrer la fraicheur en été dans les habitations. Les gens sont à bout! Les commerces de bouche de la zone commerciale COSMO sont désespérés de voir leurs clients quitter leurs terrasses.

Nous sommes maintenant suspendus au résultat de l’étude et à la décision du Préfet!

Alors, la cerise sur la gâteau c’est l’ouverture du nouveau lycée Simone Veil de Gignac qui va accueillir à terme 1 200 élèves plus les enseignants. Ce lycée de 45 millions d’euros financé par la région Occitanie vient d’être inauguré en grande pompe le 7 septembre en présence des élus masqués bien évidemment, Covid19  oblige, mais les masques retirés, les odeurs étaient bien présentes.

Le gros souci c’est que ce magnifique lycée se situe à moins de 300 mètres de la station de compostage sous le vent dominant Nord/Ouest!

280 lycéens ont déjà fait leur entrée dans des conditions déjà difficiles en raison de la Covid19 et ils sont en plus, les malheureux, victimes de ces odeurs de charogne quand elles se répandent.

Des enfants et des enseignants se plaignent de fortes nausées.

L’objectif est de faire partir très vite cette entreprise dont la présence n’est plus admissible compte tenu du nouveau contexte.

Que de temps perdu !

Déjà en 2014, en 2017, en 2019 et ensuite début 2020, nous avons alerté officiellement par lettres recommandées toutes les autorités locales d’un risque sanitaire qui pouvait s’avérer grave (Département, Région, Rectorat, Communauté de communes, Syndicats de parents d’élèves et d’enseignants) que cette situation n’était plus admissible, mais malheureusement il ne s’est rien passé…Nous n’avons reçu qu’une "gentille réponse rassurante" de la Région et de la Peep…Les autres : rien…

Nous gardons l’espoir que Monsieur le Préfet prendra la bonne décision et qu’une solution rapide et définitive sera trouvée.

Nota : Nous avons en notre possession tous les documents officiels qui apportent la preuve de nos allégations.

 

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