Béziers - Hommage à Jean Farret : "mort alors qu'il était au service des Biterrois"

Béziers - Hommage à Jean Farret :  mort alors qu'il était au service des Biterrois

Béziers - Hommage à Jean Farret : "mort alors qu'il était au service des Biterrois"

Par Ville de Béziers, le 03 Septembre 2020

"Mesdames, Messieurs,

Merci pour votre présence. Merci à la famille de Jean Farret d’être, comme toujours, parmi nous.

Je vous l'avais promis, c'est fait ! Aujourd'hui, 19 ans après sa mort tragique, nous rendons hommage à Jean Farret en inscrivant son nom dans la géographie urbaine de notre cité. Il le fallait. Parce que la mort de Jean Farret fut le premier, le sombre avertissement de ce qui allait advenir à la France. Parce que Jean Farret est mort alors qu'il était au service des Biterrois, sur le terrain, un jour de chaos pour notre ville.

Le scénario de ce funeste 2 septembre 2001 à Béziers contient tous les ingrédients de l'horreur, l'horreur à laquelle nous sommes - malheureusement, j'ose à peine le dire - désormais habitués.

Ce jour-là, c'est un jeune de la Devèze, un jeune « issu » de l'immigration, comme on dit, qui se lance dans une lutte hallucinée contre les forces de l'ordre. C'est déjà un terroriste islamiste, un terroriste qui crie Allah Akbar sur nos places, dans nos rues. Un terroriste qui pointe son arme de guerre sur les policiers, qui déteste ce qu’ils sont, ce que nous sommes.

Des scènes surréalistes sont diffusées à la télévision. Ce 2 septembre, le destin a choisi Béziers pour ouvrir une nouvelle ère, celle de l'islamisme meurtrier, qui fauchera tant de vies quelques jours plus tard à New York.

Cet islamisme de haine, de rejet, peuplé de lames tranchantes, de bombes et de hurlements. Cet islamisme qui a changé notre pays, nos paysages, nos regards. Cet islamisme qui a révélé au grand jour nos faiblesses, nos lâchetés. Cet islamisme qui révélera, aussi, nos héros.

Jean Farret, alors âgé de 72 ans, était un homme accompli, militaire de formation, directeur de cabinet de Raymond Couderc, marié, père et grand-père.

Il fut la première victime, la toute première victime en haut, tout en haut de la longue liste rouge sang. Cette liste qui se remplira bientôt du nom des victimes de Charlie Hebdo, du Bataclan et des terrasses parisiennes, de toutes les victimes broyées par le camion blanc de Nice, de toutes les victimes du quotidien, massacrées au couteau dans les rues de nos villes, égorgées comme les jeunes filles de la Gare de Marseille, comme le prêtre Jacques Hamel dans son église, sacrifié comme le colonel Arnaud Beltrame près de Carcassonne.

Vous le savez, en France et en Europe, un long cortège a rejoint Jean Farret, un cortège infini de souffrances, de deuils, de questions : comment en est-on arrivé là, à cette violence, à cette effroyable sauvagerie ?

Je veux redire aujourd'hui toute ma compassion, toute mon affection à la famille de Jean Farret et à ses proches. Vous, ses filles, ses petits-enfants : sachez que nous n’oublions pas que votre père, que votre grand-père est mort en soldat, en homme courageux, en homme libre, en Biterrois. Au service des autres.

Il est mort à la rencontre d’un tueur alors qu’il sillonnait la ville avec la police. Alors qu’il voulait se rendre utile, trouver une solution au drame qui se jouait. Peut-être entamer un dialogue. Éviter que le sang coule. Et c'est le sien qui a coulé…

Il était l'un des nôtres. Et les Biterrois sont fiers, toujours fiers de lui.

Vive Jean Farret ! Vive la liberté ! Vive la France !"

Robert Ménard, 2 septembre 2020

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